IN THE ROOM

BERCEAU DE L’ÉMOTION & DU BIEN ÊTRE

Elizabeth Leriche

Lieu de passage et de dépaysement, la chambre d’hôtel est aussi un formidable territoire où scruter, analyser et repenser quelques-uns de nos besoins cruciaux : sommeil, détente, bien-être, etc. Le bureau de style d’Elizabeth Leriche, associé aux architectes d’intérieur Guillaume Terver et Christophe Delcourt, propose, avec IN THE ROOM, un parcours en quatre étapes comme autant de pistes pour dessiner les contours d’une chambre d’hôtel non pas idéalisée, mais plus que jamais en accord avec nos modes de vie. 

Guillaume Terver & Christophe Delcourt

Pour poser les bases de leur réflexion, Elizabeth Leriche, Guillaume Terver et Christophe Delcourt ont imaginé quatre espaces illustrant chacun un paramètre clé de la chambre d’hôtel : le lit, le rangement, la salle de bains et la polyvalence. Chacune de ces « cellules » a été stylisée afin d’affirmer son caractère prospectif. Au sol, un plan classique définit un espace type… pour mieux pouvoir ensuite le décaler. 

/ LE LIT, SIÈGE DE TOUS LES RÊVES 
Si l’on devait réduire la chambre à sa plus simple expression, il ne resterait que lui. Car le lit est la pierre angulaire et le premier facteur de confort. A tel point que la chambre pourrait tout aussi bien se résumer à cette seule pièce de mobilier, qui – à force de toucher à l’intime et au bien-être – se fait véritablement cocon. Mais un cocon contemporain, interactif et ergonomique. 
Plus haut, plus grand et plus confortable que jamais, il devient un espace dans l’espace. Plus à l’écoute de nos attentes, de nos envies et de nos besoins, il multiplie petites et grandes attentions pour mieux faire corps avec le dormeur : le moelleux de l’oreiller, la densité du matelas, l’épaisseur du sur-matelas, la légèreté de la couette, la douceur du plaid. Et parce que son confort réside aussi dans les services qu’il offre, le lit devient un véritable tableau de bord à partir duquel l’utilisateur contrôle la plupart des fonctionnalités offertes par la chambre : son, lumière, connexion, etc. 

/ DRESSING À LA CARTE 
Havre transitoire, la chambre d’hôtel ne prétend pas reproduire la vie domestique. Elle endosse au contraire une vocation bien différente, se muant en une véritable expérience. Un territoire, voire un théâtre dont on aime repartir dépaysé, surpris. Pas question, donc, de sentir que la chambre impose imperceptiblement ses règles. C’est elle qui se plie aux nôtres, les anticipe, les magnifie. 
Pas envie (ou pas le temps) de défaire les valises ? 
La chambre déploie alors toute une panoplie de solutions pour que le bagage – mis en scène et en majesté – se fasse dressing de voyage. Un nomadisme débarrassé de tout folklore, encadré et parfaitement maîtrisé. Envie, au contraire, de prendre le temps d’habiter chaque espace de rangement offert par la chambre ? Cette dernière révèle alors un autre visage et se fait laboratoire d’idées, à mi-chemin entre dressing, display et loge de théâtre. Ici, même le shopping du week-end trouve naturellement sa place. 

IN THE ROOM

/ SCÈNES DE BAINS 
L’hôtellerie a depuis longtemps redessiné les contours de la salle de bains. Matinée de références à l’univers du soin, elle est toute à la fois une extension naturelle de la chambre et un espace de bien-être à part entière. A force de porosité entre le couchage et le bain (jeu de vitrages, de portes coulissantes, de claustras… voire décloisonnement total), il restait à la dématérialiser pour mieux la remettre au coeur de la chambre. Plus question ici d’une salle de bains, mais de scènes de bains correspondant chacune à des activités en réalité bien distinctes. 

La douche devient, au sens propre, le coeur de l’édifice. Une microarchitecture qui, selon le moment et le degré d’intimité désiré, se referme sur elle-même ou s’ouvre en grand sur la chambre. Non loin, un second îlot accueille vasques, miroirs et rangements dédiés. Un îlot qui ne demande qu’à se ramifier en d’autres activités, au gré des besoins, accueillant un lit de massage, un fauteuil de barbier, une console de maquillage, etc. Ici encore, chaque équipement est pensé comme le point de départ d’une histoire, un prétexte à vivre des instants privilégiés qui n’appartiendront qu’à soi. 

/ DE LA POLYVALENCE À L’AMBIVALENCE 
Déplacement professionnel, week-end en amoureux ou vacances en famille : il existe mille et une manières d’habiter et d’investir une chambre d’hôtel… Et autant de besoins presque contradictoires. Mais, au-delà d’une simple modularité, ce que l’on attend d’elle est d’offrir une palette de solutions ouverte, de fonctions à la carte et d’espaces à s’approprier. 
La chambre devient ici un lieu à scénographier. Et c’est l’activité elle-même (qu’elle soit professionnelle ou personnelle) qui révèle les fonctionnalités offertes. 
Les cloisons s’allègent ou s’effacent, laissant le mobilier composer et recomposer activités et scènes de vie : salon TV, espace de jeux, couchage d’appoint, réunion impromptue ou salle de gym… Chaque pièce de mobilier intègre la possibilité de remplir consécutivement, voire simultanément, différents rôles. La chambre conserve quant à elle tout son volume et son intégrité, offrant une vraie liberté d’action et de mouvement. L’utilisateur en conçoit ainsi le sentiment de disposer d’un espace parfaitement à sa mesure et conforme à ses besoins.